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Rencontres & Portraits

Enki Bilal : l’intuition du pire et le flux du vivant

10 septembre 2026 — Rencontres & Portraits

L’INTUITION DU PIRE ET LE FLUX DU VIVANT Il est un peu « stone » le monde qui jaillit dans l’univers graphique d’Enki Bilal. L’homme a vécu son enfance dans un pays qui n’existe plus. Il est né le 7 octobre 1951, tout juste un an avant Vladimir Poutine, et soixante-douze ans,…

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Aperçu protégé · Le Stylographe n°75 · page 46 · 7 pages

À LA RENCONTRE DE Par Jean-Pierre Guéno ENKI BILAL : L’INTUITION DU PIRE ET LE FLUX DU VIVANT Il est un peu « stone » le monde qui jaillit dans l’univers graphique d’Enki Bilal. L’homme a vécu son enfance dans un pays qui n’existe plus. Il est né le 7 octobre 1951, tout juste un an avant Vladimir Poutine, et soixante-douze ans, jour pour jour, avant le vendredi noir du 7 octobre, date de l’effroyable massacre commis en Israël par le Hamas. Chez lui, l’intuition du pire est contrebalancée par le flux du vivant. Faire converger l’art du trait et celui des mots La date d’anniversaire d’Enki Bilal est à tout jamais gâtée : elle lui rappellera toujours plus de 1 200 vies fauchées, 243 otages enlevés, des bébés dépecés, des femmes violentées, des corps profanés avant d’être incendiés ; jamais autant de juifs n’avaient été assassinés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin de la Shoah en 1945. Le petit garçon qui dessinait à la craie sur les trottoirs de Belgrade, dans la Yougoslavie de son enfance, n’a jamais cessé d’explorer la marelle de la vie coincée entre la terre et le…