William Leymergie “J'Ai De La Sympathie Pour Les Stylos. À Une Époque, Je Les Ai Même Collectionnés. Je Les Regarde, J'Aime Qu'Ils Soient Graphiques, Élégants…”.Interview De William Leymergie Par Dominique Muron
13 décembre 2006 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°17 · Les articles
Depuis 20 ans, il partage le petitdéjeuner de près d'1 million de téléspectateurs célèbres ou anonymes fidèles à TéléMatin, à l'amabilité, à la bonne humeur et à l'humour de William Leymergie et de son équipe. Son émission ne ressemble à aucune autre, sa longévité fait de cet homme passionné et dynamique un véritable OVNI du PAF ! En animant depuis 20 ans la tranche matinale de 6H30 - 8H45 (depuis la rentrée) sur France 2, William L'Énergie (comme le surnomment certains de ses collaborateurs) a inventé la télévision du petitdéjeuner. Producteur et animateur de l'émission depuis 1985, il a fêté en janvier ses vingt ans de complicité avec les téléspectateurs. L'année 2007 voit aussi le retour sur les ondes de cet homme de radio qui anima longtemps Fréquence Mômes sur France Inter. Wiliam Leymergie anime aujourd'hui «Viva Quinquas» dans Génération Europe 1. Chaque mercredi soir, il reçoit avec son sourire et son humour coutumiers des invités aussi divers que Pierre Arditi, Élie Chouraqui, Jean d'Ormesson ou Inès de la Fressange… Rencontre avec un professionnel aussi charmant à la ville qu'à l'écran ! DM. Votre remarquable longévité fascine dans ce monde réputé dur et impitoyable… WL. Vous savez, la longévité est la seule chose qu'on ne maîtrise pas. On ne décide pas de son audience. On ne se dit pas un jour : « Je vais faire longévité comme métier ». Seulement, au fil des années, les gens veulent bien encore de vous ! DM. En 20 ans, la télévision a changé, les téléspectateurs ont changé… et vous ? WL. Oui, moi aussi. Et puis, il faut sans cesse se renouveler, on n'a pas le choix, mais il faut le faire doucement, imperceptiblement. Chaque matin, les téléspectateurs doivent se dire : « Il a changé, il a évolué, il n'a pas les mêmes blagues, les mêmes mots qu'il y a 20 ans… Mais pourtant c'est lui et je suis content de le retrouver». DM. Si cela ne tenait qu'à un mot… WL. Ce serait la surprise ! Celui qui veut devenir «entraîneur d'une équipe de télévision» doit travailler la surprise. Les téléspectateurs aiment à être surpris le plus souvent possible. Je sais qu'ils aiment leurs pantoufles, mais qu'ils aiment aussi avoir de nouvelles chaussures. Voilà pourquoi je leur offre leur programme favori à l'heure qu'ils aiment et, assez souvent, un nouveau modèle ni trop excentrique ni vulgaire, très moderne, mais jamais révolutionnaire… DM. Vous savez que votre confrère Patrick Poivre d'Arvor a programmé la date de son dernier journal… WL. Moi pas, même si, rassurez-vous, j'y pense…Plus vous avancez en âge, plus on vous demande quand vous comptez vous arrêter… Au début, je disais : « Je ne sais pas », maintenant je dis : « Quand vous voudrez !». DM. Homme d'écran, vous êtes aussi un homme d'écrit… WL. Oui, j'écris beaucoup, toujours à la main. Je trouve même que j'écris mieux en vieillissant. Avant, j'écrivais trop vite. Maintenant, quand je me donne la peine d'écrire, je fais de belles pages. J'aime les stylos plume, pas les rollers ni les pointes bille. Mais il me faut une plume très large : plus c'est épais, plus j'aime. J'ai un Montblanc, un Parker, un Waterman et un Pilot… Je me rappelle encore du stylo de mon père, il était très coloré, avec un corps moucheté bleu, rouge et un chapeau doré, peut-être était-ce un Cartier… DM. Vous aimez les stylos ? WL. Oui, je les garde, j'en ai beaucoup. À une époque, je les collectionnais, comme les petits couteaux, les petites voitures… Plus ça va, plus j'aime écrire au stylo plume. J'aime l'écriture, j'aime le fond mais aussi la forme, le style. D'ailleurs, autrefois je dessinais. C'est arrivé avec mon premier bureau style 30-40, en merisier cérusé. Puis un autre en sycomore, style 25.DM. Vous écrivez beaucoup ? WL. Il y a des jardiniers du dimanche, moi je suis un écrivain du dimanche. J'ai écrit un livre “Fréquence Mômes” avec les témoignages d'enfants anonymes et de personnalités connues, j'ai rédigé quelques nouvelles de science-fiction et, surtout, j'écris des arguments de théâtre, c'est-à-dire deux, trois actes. J'ai dû en jeter une cinquantaine, mais j'en ai peut-être un ou deux qui ne sont pas mal. Un jour, quand j'aurai le temps… qui sait ? DM. Avez-vous un rituel d'écriture, le dimanche par exemple ? WL. En fait, non, ce jour-là je cours sur la plage, je joue au ballon, je saute… tout sauf la concentration dans une petite chambre ! Et je prends des notes, j'ai deux petits carnets de notes, un personnel et un professionnel… DM. Y a-t-il un livre que vous auriez adoré écrire ? WL. N'importe quelle pièce de George-Bernard Shaw…