WATERMAN COLLECTION « OMBRES ET LUMIÈRES » L'art subtil du contraste...
21 mars 2015 — Les tests sous la loupe · Le stylographe n°47 · Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles · Rendez-vous avec
Après « Blue Obsession », Waterman nous propose une nouvelle série, présentée comme limitée sur quatre de ses modèles et baptisée « Ombres & Lumières ». Ombres et Lumières ? Je ne peux m'empêcher de penser aux habillages des années 1920 à 30, appelés « Night & Day », qui donnaient aux Waterman's de l'époque une élégance folle... Il s'agissait d'un manchon ajouré dans le sens de la longueur, plaqué or ou en argent, voire en or massif, qui enserrait le corps du stylo en ébonite noire. Il en résultait une alternance ébonite noire / métal brillant qui rappelait la nuit et le jour. Ombres & Lumières... Le contraste, mais aussi la frontière... Cette zone magique où on passe du clair à l'obscur, cette zone indéfinissable où la nuit devient jour, ou l'inverse, et la question inévitable de savoir quand il fait vraiment jour ou vraiment nuit... Comme les étapes de la vie, comme la maturation d'un fruit, comme la naissance d'une fleur..., les phases de mutation, les frontières floues, imprécises, incompréhensibles pour nos esprits cartésiens, intriguent. Égarements philosophiques ? Non point. Cela fait longtemps qu'un stylo ne m'a pas fait penser, et ce n'est pas là la moindre des qualités de cette nouvelle famille. Ombres & Lumières... Décrite comme inspirée par Paris, cette finition consiste à laquer un stylo en blanc mat puis d'y ajouter une sérigraphie noire, la frontière entre les deux couleurs n'étant pas tranchée. Elle semble hésiter un instant, avec des particules de noir brillant venant se mêler à celles blanches et mattes dans une zone frontière « progressive » d'environ un centimètre. Le résultat est inattendu et unique. Il intrigue. Si je peine à y retrouver Paris (ville lumière il est vrai), l'ensemble me rappelle les décors en coquille d’œuf évoquant la neige sur certains très anciens Waterman, et la zone de rencontre des couleurs contrastées me fait penser à ces estampes marines d'Hokusai où le ciel et l'écume des vagues se rencontrent sans se mêler... Je suis sûr que vous découvrirez encore d'autres réminiscences si vous contemplez ce décor. Les attributs sont chromés. Je me plais à imaginer les bagues laquées en noir afin de neutraliser la césure qu'elles imposent dans le décor par leur brillance... Mais je ne suis pas « Monsieur» Waterman ! Je constate toujours avec bonheur le talent de ces femmes et ces hommes de chez «Waterman», à Saint-Herblain, où ces stylos sont fabriqués. Maîtrise parfaite du processus industriel, excellence des laques, finitions de qualité, ajustages parfaits et capacité à «inventer» des décors originaux. Bravo ! Cette somme incroyable de savoir-faire me fait regretter que le lancement de cette originale finition « Ombres et Lumières» n'ait pas donné lieu à la création d'un stylo réellement nouveau... Mais c'est là une autre histoire... Je retrouve donc à trois mois d'intervalle mes quatre mousquetaires : Hémisphère, Expert, Perspective et Carène dans leur nouvelle livrée. Je ne vais pas vous imposer une nouvelle description détaillée de chacun de ces instruments. Vous vous reporterez utilement à nos écrits du Stylographe numéro 46. Mais je ne résiste pas à vous faire partager mon plaisir de constater que la qualité ne relève pas de l'aléa chez Waterman ! Il est des marques avec qui, en testant trois stylos identiques, vous vivrez trois expériences d'écriture différentes... On appelle ça des «distorsions dans la production». Chez Waterman, ça n'existe pas. Un Carène «Blue Obsession» à plume moyenne, que j'ai trouvé excellent à tous égards, est le clone parfait du Carène « Ombres & Lumières», y compris s'agissant du comportement de la plume. On appelle ça la maîtrise du processus de fabrication ! Cette remarque est bien entendu vraie pour les trois compagnons de mon Carène. Si je reviens un instant à notre décor « Ombres & Lumières» pour vous livrer mon avis très personnel – donc discutable – je le trouve très adapté à la ligne du Carène, de l'Hémisphère et du Perspective, un peu moins à celle de l'Expert, peut-être à cause de sa double bague de capuchon. J'aime bien l'aspect des Carène, Hémisphère et Expert quand le capuchon est posté : on a l'impression qu'une fine chute de neige provient du capuchon, et vient se poser délicatement sur les flancs du corps des stylos... L'effet n'est pas le même sur le Perspective, puisque le capuchon se poste sur un embout chromé. Me voilà devant mes quatre stylos, et je ne peux m'empêcher de penser à la prochaine série... Cette impatience est la preuve de la réussite de Waterman dans sa démarche : susciter la curiosité et l'envie ! Les prix de ces stylos restent très raisonnables, leurs performances à l'écriture sont indéniables, leur décor très original et les boîtes qui les abritent sont qualitatives. What else ? Un café crème peut-être... Et l'on retrouve l'ombre et la lumière ! PS : S'il te plaît, Monsieur Waterman... ne t'arrête pas là, et fais-nous quatre séries aux couleurs des quatre éléments, une série rouge pour l'Amour, une série verte pour l'Espérance, une série orange pour le Soleil, une série…