Waterman Carène De Luxe « Méridiens Or Rose »
Le stylographe n°24 · Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles
Pour ses cent vingt-cinq ans d'histoire, Waterman lance notamment une nouvelle version du Carène. Le Carène est connu. On se souvient de sa présentation : laqué orange co- rail, surfant sur une mer bleue qu'il fendait de son étrave. C'était il y a dix ans déjà… Depuis, le Carène a été décliné dans de nombreuses versions. Celle testée aujourd'hui est brillante comme le cuivre de l'accastillage des bateaux un jour de revue. Il s'agit du Carène série de luxe, modèle « mé- ridiens or rose ». Le capuchon et le corps sont en alliage d'or rose et les attri- buts sont habillés de palladium, de même que la plume or 18 carats. Le contraste est réussi, même si l'on aurait aimé ce Carène avec les attributs et la plume or rose mat… juste pour voir ! On retrouve avec plaisir la forme carénée (!) du stylo, sou- lignée par les guillochages du corps qui se rejoignent au dos du capuchon, ainsi que la plume en forme de rostre de dau- phin et qui semble, comme le mammifère marin, sourire à son utilisateur. Le clip, évidé en son centre, a la courbe d'une vague venant s'alanguir sur une plage de sable. Il est monté sur ressort pour plus d'efficacité. Le capuchon est encliqueté, grâce à un remarquable système à ressorts. L'extrémité du corps évoque, avec son allure tronquée, l'arrière puissant des bateaux off-shore et propulse visuellement le stylo vers la plume. Le Carène jouit ainsi d'un design cohérent et porte parfaite- ment son nom. Utilisez-le avec une encre Waterman « Bleu des mers du Sud » et l'illusion sera parfaite… Bien sûr, ce Carène trouvera sur sa route quelques détracteurs qui l'affu- bleront d'une onomatopée sonore devenue présidentielle (ils trouveront leur bonheur dans des finitions plus discrètes du Carène). Tous les autres ne le trouveront pas « bling-bling » mais « tendance » et le marieront à leur montre or rose… Masculin ? Féminin ? C'est selon. A vous de juger. Le Carène est assez long et fin. Il est agréable en main. Je poste le capuchon au bout du corps pour écrire, cela l'équili- bre mieux. Des mains plus petites ou féminines préféreront écrire sans capuchon. Le stylo accepte les cartouches Waterman ou un converter. La section comporte un pas de vis en métal – gage de qua- lité – et deux (!) joints de caoutchouc – garantie d'étanchéité et de vissage sécurisé. La finition, comme toujours chez Waterman, est excellente. On fait de la belle ouvrage à Saint-Herblain ! La plume, testée en largeur « M », est peu souple– plume intégrée oblige –, mais d'une admirable douceur lorsqu'elle court sur le papier. Le conduit assure un débit régulier et rien ne vient perturber l'arrivée de l'encre, pas même une signature nerveuse ! Les doigts trouvent un bon appui sur la section, même si elle n'est pas particu- lièrement ergonomique avec son esthétique fuselée. Avec le Carène, Waterman démontre encore une fois son savoir-faire, acquis au long de ses cent vingt-cinq ans d'histoire. Dans cette finition or rose, le Carène est plus cher que ses frères plus modestes. Sa qualité remarqua- ble et son look précieux justifieront ce prix aux yeux de tous ceux qui n'ont pas peur d'afficher leur goût pour un luxe actuel et audacieux.