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Urushi: Une Laque Irréprochable.

11 septembre 2006 — Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles · Le stylographe n°16

Un tel travail mérite une laque parfaite. Depuis des millénaires, les Chinois avaient trouvé le moyen de protéger leurs objets précieux contre l'humidité en les revêtant d'Urushi, une laque naturelle issue d'une essence présente dans le sud-est asiatique : Rhus Vernicifera. Fruit d'une chimie longtemps restée une énigme, l'Urushi est une émulsion aux reflets d'ambre qui vire au noir. Pendant des centaines d'années, on se contenta d'utiliser « le noir de laque » et le vermillon obtenu par coloration au cinabre. Ce n'est qu'à partir du XIXème siècle que les progrès de la chimie ont pu élargir la palette de couleurs des laques. Et ce n'est que récemment que la science a pu percer le mystère de cet étrange produit qui contient un enzyme, l'Urushiol, qui en catalysant le durcissement de la laque, la rend imperméable à l'eau. Cet enzyme ne quitte jamais le cœur de la matière et réveille sa vigilance dès que les conditions d'humidité risquent d'altérer la surface satinée de la laque. Namiki n'utilise toujours que la plus belle qualité d'Urushi, celle produite par les arbres à laque dont on entaille le tronc lorsqu'ils ont atteint l'âge de 10 ans et que l'on abat aussitôt après, pour les remplacer par de jeunes pousses. La récolte qui dépasse rarement la valeur de trois ou quatre cuillers par arbre ne dure que quelques jours, très précis, qui ne peuvent être choisis au hasard. La complexité de cette exploitation explique la rareté et la valeur du produit. Les techniques de décoration qui se juxtaposent souvent sur le même objet exigent de nombreuses couches de laques appliquées successivement en fines couches d'un douzième de millimètre d'épaisseur !