DU CHARBON AU MÉTAL
21 juin 2016 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°51 · Il était une fois · Les articles
Il y eut d’abord les encres carbones en général et l’encre de Chine en particulier, vieille de plus de cinq mille ans, à l’origine disponible sous forme de laque avant d’être conditionnée sous forme de bâtons, mariage de noir de fumée, de gélatine et de camphre, délayables à l’eau ou à l’huile. Cette encre est déjà un poème à la Prévert quand on sait que le camphre est dilué dans l’alcool, que la gélatine est constituée de peau d’âne et de musc, que la laque est le fruit du latex, c’est-à-dire de la résine de certaines plantes. Et que l’on peut rajouter du sucre à ce mélange. Et puis l’encre évolua sous d’autres latitudes. Du temps de Pline, l’encre était toujours le fruit de charbon, provenant de bois résineux, pulvérisé dans un mortier et délayé avec de la gomme. Les Egyptiens connaissaient déjà la réaction chimique des sels de fer sur les extraits de galles, deux mille cinq cents ans avant Jésus-Christ. Mais il faut attendre le Moyen-Âge pour que l’encre ferro-gallique se répande en Europe et dans le monde, au point de devenir le véhicule de toutes les écritures durant huit cents…