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Le stylographe n°25

Omas Interview De Marta Cruciani, Marketing Manager Omas.Par Dominique Muron La Créativité En Action !

1 avril 2009 — Le stylographe n°25 · Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles

Comment un petit atelier de Bologne créé en 1925 par Armando Simoni devint-il une manufacture de renom international ? L'histoire d'Omas (Officina Mecanica Armando Simoni) et de ses créations est celle de leur inventeur. Son dynamisme. Et sa fascinante créativité. Dominique Muron : Comment définiriez-vous l'image d'Omas ? Marta Cruciani : Nous la devons à la créativité et au dynamisme du « Cavaliere Simoni ». Ses connaissances techniques lui permirent de créer les machines nécessaires pour moleter les pointes, réaliser des facettes, couper et meuler la pointe du bec de plume. Il créa des pièces uniques admirées par les collectionneurs les plus exigeants. Le stylo des médecins, avec son thermomètre dissimulé dans le corps du stylo, le stylo avec deux becs de plume, les modèles en cellulose avec réservoir transparent ne sont que quelques exemples de la créativité de notre fondateur… Concernant notre image, nous jouons surtout le bleu/noir et l'ivoire, couleurs qui sont reprises dans la présentation de nos collections, dans nos catalogues, sur nos pochettes, rubans et papier-cadeau comme sur notre mobilier. DM : Quelles sont vos valeurs de marque ? MC : Notre savoir-faire artisanal est la signature à laquelle nous tenons le plus profondément. Nos stylos sont fabriqués dans nos ateliers de Bologne depuis 1925, ce qui permet de contrôler toutes les étapes de la production, d'accroître la qualité, de réaliser des produits artisanaux, donc uniques, à une époque où les produits de masse envahissent le marché. Nous accordons certes une grande attention à notre design élégant et intemporel, mais en même temps un stylo se doit d'avoir une forme ergonomique unique. Nous considérons toujours comme des icônes notre « Arte Italiana », dessiné par Armando Simoni en 1925, avec ses douze facettes ergonomiques inspirées des colonnes grecques, et notre collection « 360 », lancée en 1996, une collection de stylos révolutionnaire avec sa forme triangulaire. DM : Parlez-nous de votre production… MC : Le stylo est notre activité principale. Nous avons un héritage fort, nous sommes fondamentalement attachés à nos racines, mais nous voulons être créatifs, présenter en permanence quelque chose de différent, de nouveau, de sophistiqué, en harmonie avec notre image. A côté de nos collections classiques, nous avons une tradition d'éditions limitées, fruits de recherches approfondies au niveau du design, des matériaux, de la technologie et de l'écrin. Les premières remontent aux années 1930 ! Nos thèmes favoris sont l'art et la science (Miku, Lucens, Château Lafite Rothschild), l'histoire (Ellas ou Samo) et la science pure (Imagination, Mars et la dernière-née, I Think). Créés avec des matériaux rares : or, argent, émail et pierres précieuses, tous les exemplaires sont numérotés. Chacun est un véritable chef d'œuvre artisanal. DM : Le choix des matériaux est-il important pour Omas ? MC : C'est l'une de nos valeurs-clés. Nous utilisons des matériaux nobles et naturels, comme la résine de coton pour sa douceur, son brillant et sa résistance. Nous aimons aussi beaucoup la celluloïd, un matériau difficile : il faut plus d'un an pour produire un stylo Omas ! Armando Simoni, toujours lui, a mis au point un procédé de fabrication unique qui permet de remédier aux problèmes d'instabilité inhérents à la celluloïd. Légèreté, résistance, brillance, toucher agréable... ce procédé permet d'obtenir des combinaisons de couleurs qui ne passent pas avec le temps. Chaque stylo en celluloïd est une pièce unique. Nous utilisons aussi le titane : nos premiers modèles sont sortis en 2000, après deux ans de recherches. Nous utilisons du titane T2, très pur, contenant 2 % d'oxygène et d'hydrogène. Un stylo en titane qui provient d'un même fût peut avoir une couleur d'un gris intense et un toucher velours doux et profond. Par ailleurs, nous créons des pièces uniques de grand luxe dans la meilleure tradition de la joaillerie et de l'artisanat d'art italien, en utilisant l'argent, l'or et les pierres précieuses. DM : Quelles sont votre actualité et votre stratégie de développement ? MC : En 2009, notre première édition limitée sera dédiée à l'évolution des espèces, à l'occasion du 200e anniversaire de la naissance de Darwin et du 150e anniversaire de la publication de son fameux traité. Nous soutenons activement les projets de la Fondation Darwin : nous affecterons une somme prélevée sur la vente de chaque stylo « I think » à la protection des Galapagos. Nous lancerons de nouvelles éditions de luxe et nous habillerons notre icône « Arte Italiana » de nouvelles matières. Quant à notre stratégie commerciale, l'Italie reste fondamentale pour nous, mais les Etats-Unis, la France et la Chine sont aussi très importants. Signalons que nous envisageons l'ouverture de nouvelles boutiques Omas. Cela nous a permis, en Chine par exemple, de doubler notre chiffre d'affaires… En fait, nous continuerons d'investir sur nos marchés historiques tout en prospectant de nouvelles ouvertures. Comme vous le savez peut-être, nous faisons aujourd'hui partie du groupe Xinyu Hengdeli, leader de la vente de montres de luxe en Asie. DM : Comment communiquez-vous ? MC : Bien sûr nous investissons dans la publicité et les événements locaux, mais nous sommes ouverts à d'autres créneaux. Nous avons ainsi présenté le coffret « Notre mariage » au salon du Mariage de Milan : avec 30 000 visiteurs, c'est la plus prestigieuse vitrine pour la mode, les accessoires, les voyages et les services aux jeunes mariés. Nous avons aussi eu l'idée de présenter notre édition limitée Omas for Maserati dans l'espace réservé à Maserati sur leur stand lors des grandes manifestations automobiles de Genève, Paris, Los Angeles ou Bologne… En fait, nous cherchons toujours à séduire de nouveaux admirateurs connaisseurs et exigeants ! L'aventure d'Armando Simoni continue… Les stylos Omas sont fabriqués à la main dans notre atelier de Bologne (photo ci-contre) depuis 1925 Édition limitée FPC (Fountain Pen Personal Computer) : modèle 360, la fameuse collection révolutionnaire pas sa forme triangulaire, lancée en 1996. Il faut plus d'un an pour produire un stylo Omas. Ci-dessus : Paragon. Ci-contre : «I think», édition limitée en hommage à l'Évolution des Espèces.