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Nettoyer Son Stylo : Comment Lui Donner Le Lustre Du Neuf... Par Jean Buchser

1 avril 2010 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°28 · Les articles

Il ne s'agit pas ici de détailler le nettoyage de la plume et du conduit, pour lequel je vous recommande les conseils délivrés dans l'ouvrage « Les plus beaux stylos du monde », édité par le « Stylographe » - hors-série n° 5. Il m'a en revanche semblé utile de vous expliquer comment rendre à un stylo « ayant servi » le lustre qu'il avait à l'état neuf. Je ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler que la méthode la plus efficace consiste à prendre le plus grand soin de votre stylo pendant toute la période de son utilisation et lors de son stockage (oups, c'est fait !) Oui, ça semble évident, mais quand il m'arrive d'exami- ner le stylo d'un ami, je constate souvent que les outrages subis sont nombreux. Les micro-rayu- res attestent du manque de soin dans l'usage et des contacts fréquents du stylo avec d'autres objets (clés au fond d'un sac, autre instrument d'écriture dans une trousse, etc.). Les traces de coups sur le corps et le capuchon révèlent les chocs contre l'arrête d'une table ou les chutes accidentelles parce que le stylo, sans capuchon, a roulé d'une surface qui n'était pas totalement plane. Il m'arrive de trouver d'évidentes traces de dents (humaines)... Amis rongeurs, évitez les stylos ! Certaines matières sont également promptes à se tacher parce qu'elles disposent de propriétés absorbantes (le bois et certains plastiques)... Ne laissez pas la tache d'encre ou la graisse de doigts mal lavés imprégner ces matières ! Vous l'aurez compris, un peu de soin ne peut nuire. Mais que faire lorsque vo- tre stylo porte les stigmates visibles d'un usage intensif? Selon la matière, les conseils varient. Vous l'aurez compris, un peu de soin ne peut nuire. Mais que faire lorsque votre stylo porte les stigmates visibles d'un usage intensif? Selon la matière, les conseils varient. Lorsqu'il est en or, le stylo ne s'oxyde pas. Il se couvre volon- tiers de micro-rayures qu'un polissage délicat devrait réduire sensiblement. La polisseuse sem- ble constituer le meilleur outil. Certaines pâtes à polir permettent d'obtenir de bons résultats manuellement, à condition de rincer à l'eau et au savon la surface traitée pour éviter un ternis- sement superficiel de l'or au bout de quelques semaines. Je vous recommande de tester la pâte sur une plume or d'un stylo plus modeste avant d'attaquer votre précieux modèle tout or 18 K... S'il est en argent massif, les produits à couverts en argent sont efficaces pour traquer l'oxy- dation. A rincer après traitement et à sécher ensuite ! Pour les modèles plaqués or ou argent, les soins sont les mêmes, mais l'on veillera à limiter la force du polissage, qui peut conduire à l'abrasion de la pellicule d'or ou d'argent. Dans le cas de coups portés sur un stylo en métal, seul un joaillier habile pourra tenter, tel un carrossier, de « sortir » les bosses. Avec un stylo en bois, vous éviterez les taches d'encre ou de graisse. Soyez précautionneux et lavez-vous les mains avant usage ! Je déconseille la cire ou les produits « bois divers » : vos stylos sont souvent traités en usine et des réactions chimiques peuvent se produire. Si votre stylo est en laque urushi, certains produits très légèrement polissants peuvent lui redonner du brillant mais les résultats ne sont pas garantis et les conseils ainsi que le savoir-faire d'un professionnel sont irremplaçables. Dans le cas d'une laque dite de Chine ou industrielle, les rayures ne sont pas rattrapables. Un nettoyage léger avec un chiffon doux imprégné d'un peu d'eau adition- née de savon de Marseille, suivi d'un rinçage et d'un séchage au papier absorbant, ne peut pas nuire. S'agissant des stylos en celluloïd, je rappelle que les décolorations, fréquentes sur les modèles anciens, sont liées à une altération en profondeur de la matière et ne peuvent pas être compensées ou corrigées, quel que soit le produit utilisé. On évitera de les stocker à la lumière et on préférera un endroit ventilé et sec. Les stylos modernes en résine qui portent des micro-rayures seront rénovés par un polissage maîtrisé : attention aux polisseuses qui tournent trop vite, car elles brûlent la matière! (Même danger pour le celluloïd, dont on rappelle qu'il est «très» inflammable.) La plume en or ou en métal s'entretient à l'eau. Rincez abondamment votre stylo tous les mois et avant chaque remisage, et insistez sur la plume. Séchez avec un papier absorbant. Les dissolvants, alcools ou autres horreurs sont à proscrire totalement, de même que l'eau chaude. Souvenez-vous que l'eau froide ou tiède est le meilleur diluant de l'encre, à condition d'être patient. Les stylos peints (autres que les laques urushi) ne devront faire l'objet d'aucun soin « agressif ». Seul un dépoussiérage est recommandé, sauf si une laque synthétique recouvre l'ensemble, auquel cas un nettoyage prudent avec un peu d'eau savonneuse peut faire l'affaire. Les pas de vis encrassés, que l'on rencontre souvent sur les stylos à capuchon vissant, seront nettoyés avec une brosse à dents frottée dans du savon de Marseille ou – mieux – dans une pâte dentifrice. (Il s'agit d'une vieille recette préconisée par Parker pour son premier Duofold jaune, dont le pas de vis, de la même couleur, se souillait rapidement – après une année de production, il fut remplacé par un pas de vis noir !) Enfin, si une cartouche fuit dans le corps, lavez celui-ci, ainsi que la section, à grande eau, et séchez avec soin. Voilà quelques conseils très pratiques qui devraient redonner à vos merveilles un peu de lustre, mais n'oubliez pas de les soigner aussi au quotidien !