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Montegrappa Rencontre Avec Giuseppe Aquila Directeur General De Montegrappa Passionnément Italien! Par Dominique Muron

26 novembre 2009 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°27 · Les articles

S'il est une marque qui revendique avec fierté son identité italienne, c'est bien Montegrappa. Retour sur le parcours d'une entreprise exemplaire – et bientôt centenaire – qui a su rester fidèle à son siège historique de Bassano del Grappa, dans le nord prospère de l'Italie, avant de revenir après quelques épisodes toujours enrichissants au sein de la famille Aquila... Une entreprise qui se réjouit déjà de fêter son centenaire, dans deux ans, et ne cesse de se projeter dans l'avenir avec un dynamisme remarquable. Dominique Muron. L'héritage italien semble faire partie de vos gènes... Giuseppe Aquila. Absolument, il me semble impossible de parler de Montegrappa sans revendiquer cet héritage culturel, c'est une valeur fondatrice de notre marque, qui est la première manufacture italienne d'instruments d'écriture. Non seulement, nous sommes, depuis 1912, dans la même ville historique de Bassano del Grappa, le long de la rivière Brenta, mais, mieux encore, nous som- mes toujours installés dans le même immeuble. Créée en 1912 par Edwige Hoffmann et l'ingénieur Heinrich Helm (sous le nom d'Elmo), la manufacture de plumes en or et de stylos à réservoir se trouva dans une position-clé durant la Première Guerre mondiale : parmi tous les sol- dats qui utilisaient ces plumes pour écrire chez eux se trouvaient Ernest Hemingway et John Dos Passos, tous deux conducteurs d'ambulance volontaires sur le front... En 1925, la marque changea de propriétaire mais M. Helm assurait toujours sa réputation de haute technicité. La production de stylos démarra vraiment dans les années 1920 : le premier « Montegrappa » vit le jour en 1925. Durant les années 1930, les deux marques cohabitèrent : Montegrappa pour le haut de gamme, Elmo pour les gammes moyennes. En 1947 le nom uni- que de Montegrappa fut définitivement adopté. En 1979, la famille Aquila acquit la marque, restructura la société et lui donna son image de luxe internationale. Dernière péripétie : revendue en 2000 au groupe suisse Richemont, la marque est revenue le 22 juin de cette année dans le giron de notre famille ! DM. Comment se positionne Montegrappa sur les marchés national et international ? GA. Incontestablement sur le secteur le plus luxueux de l'instrument d'écriture. Vous trouvez des stylos Montegrappa à partir de 200 euros et jusqu'à plus d'un mil- lion d'euros pour les pièces uniques. Les collectionneurs et connaisseurs du monde entier recherchent nos éditions limitées. Leur réputation a depuis longtemps dépassé nos frontières. Ces éditions limitées se déclinent en ce moment autour de trois thèmes principaux : le Génie Créatif, qui célèbre des personnalités de tous les temps, comme récemment Amadeo Modigliani, l'Émotion dans la Musique, dédiée aux plus grands opéras, comme «La Traviata», enfin Cité d'Art, inspirée par les capitales culturelles du monde. Si vous me demandez la ligne de stylos qui nous représente le mieux, je dirais volontiers notre Extra 1930, qui se décline en plusieurs coloris. Nous avons aussi une petite ligne d'accessoires de maro- quinerie, mais cette activité est encore marginale. DM. En quoi un stylo Montegrappa est-il une pièce unique ? GA. La signature de la marque Montegrappa repose sur plusieurs caractéristiques, dont notre fameux clip, qui se repère du premier coup d'œil. Nous nous distin- guons également par les matières que nous privilégions : la celluloïd, aux tons si délicats, alliée aux métaux les plus précieux, argent ou or massif et, bien entendu, des techniques artisanales de très haut niveau pour tout ce qui est gravure à la main... Vous pouvez aussi reconnaître notre marque aux couleurs et au luxe de nos présentations, gris clair et beige crème. DM. Quelle clientèle séduisez-vous ? GA. Notre clientèle est encore masculine à 80 %, mais de- puis une dizaine d'années notre succès auprès des femmes a considérablement augmenté avec des collections telles que Micra et Piccola... Notre clientèle est-elle plutôt bu- siness ou loisirs ? Cela dépend des modèles, nous créons pour tous les goûts et toutes les personnalités. En fait, les collectionneurs et les connaisseurs avertis représentent la part la plus importante de notre clientèle. DM. Comment êtes-vous distribués ? GA. Les instruments d'écriture Montegrappa sont disponibles dans 50 pays via environ 1 000 distributeurs rigoureusement sélection- nés pour leur professionnalisme, leur ex- pertise et leur spécialisation. Nous exigeons d'eux de présenter nos lignes de produits dans un environnement luxueux et d'assurer un service irréprochable à leurs clients. Nos critères de sélection sont précis : la situation dans un environnement de commerces haut de gamme, un statut de leader dans leur sec- teur, un partenariat avec des marques de no- toriété internationale et enfin la présence de collaborateurs formés et qualifiés. C'est im- portant lorsqu'on est le plus grand fabricant italien de stylos! Nous avons aussi nos pro- pres boutiques en Russie, à Dubaï et en Asie, sans compter nos 32 « corner-shops » dans le monde. Et nous avons le projet d'ouvrir pro- chainement davantage de boutiques dans les Balkans et en Asie. DM. Quelle est l'actualité de Montegrappa ? GA. Nous pensons déjà à notre 100e anniver- saire, que nous fêterons en 2012. Pour l'oc- casion, nous lancerons de nouveaux produits, nous créerons des événements dans le monde, nous signerons de nouveaux partenariats, met- trons en œuvre de nouveaux savoir-faire... Je suis d'ores et déjà très excité par l'arrivée du légendaire pilote de Formule 1 Jean Alesi ; il assurera avec brio les relations publiques au sein de notre équipe. Nous continuerons de communiquer par la presse et les relations pu- bliques, sans exclure de participer à quelques salons internationaux. DM. Et pour demain ? GA. Nous avons de belles perspectives de croissance sur des marchés comme l'Inde, la Turquie et la Chine, où le potentiel de notre marque n'a pas encore été exploité. Et, bien sûr, inutile de vous préciser que nous envisa- geons un avenir brillant en France.