LA TÊTE DE ZÈBRE D’ENKI BILAL « On me l’a offerte il y a cinq ou six ans, alors que l’idée d’Animal’z [ndlr : un ouvrage où il est question d’interconnexion entre les hommes et les animaux] germait en moi. Ce zèbre a immédiatement trouvé sa place dans mon atelier, sur un mur…
LA TÊTE DE ZÈBRE D’ENKI BILAL « On me l’a offerte il y a cinq ou six ans, alors que l’idée d’Animal’z [ndlr : un ouvrage où il est question d’interconnexion entre les hommes et les animaux] germait en moi. Ce zèbre a immédiatement trouvé sa place dans mon atelier, sur un mur face auquel je dessine. Il est sublime. Il a été empaillé par un grand professionnel, qui a su lui rendre un aspect vivant avec ses cils, ses poils et surtout son regard troublant... Lorsqu’on le regarde, on ne sent pas la mort, c’est plutôt comme un arrêt sur image qui l’aurait figé pendant un moment de sa vie. Dans mon atelier, il a une fonction essentielle : sa présence m’apaise. Quand mon regard croise le sien, cela me réconforte et me fait du bien. Je pense qu’il dégage ce calme car il ne s’agit pas d’un trophée. Il n’a pas été chassé, il est mort de vieillesse dans un zoo de Bruxelles et, à mon sens, le naturaliser était une façon de lui rendre hommage. J’aime l’imaginer entier, je le vois aérien et haut sur pattes, la tête dans les nuages. Lorsque j’ai dû m’en séparer pour le faire «soigner» à la suite…