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LES SAUVEURS DE L’ENCRE FERRO-GALLIQUE

21 juin 2016 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°51 · Il était une fois · Les articles

Dans la belle ville de Florence, cœur de la Toscane, connue pour son histoire, pour son raffinement, pour le savoir-faire de ses artisans, la marque Stipula a été fondée en 1973 par Renzo Salvadori. L’entreprise est restée familiale. Elle est aujourd’hui dirigée par les enfants et par le gendre de son fondateur, Luca Viti, devenu directeur général de Stipula. Au début des années 1980, Luca Viti prend conscience du fait que les manuscrits de Léonard de Vinci, les premiers brouillons de la constitution des Etats-Unis d’Amérique et les partitions manuscrites de Bach ont un point commun : tous ces trésors d’archives ont été rédigés à l’encre ferrogallique et tous sont menacés d’autodestruction. Luca Viti devient très sensible à la problématique des encres. Sa firme a développé une collection d’encres et le directeur général de Stipula réalise la grande problématique de l’encre ferrogallique à travers les âges : rester sable sans pour autant attaquer ses supports ou les plumes et les conduits des instruments d’écriture… Lorsque cette encre ne s’efface pas, elle efface ses supports en les détruisant. Luca Viti se rapproche alors simultanément de la Bibliothèque nationale de Florence et du département de chimie de l’université de la capitale Toscane. Les conservateurs de la Bibliothèque nationale qui sont venus l’interroger sur la posture de sa firme à l’égard de l’encre ferro-gallique vont se mettre à travailler avec lui et avec le professeur Piero Baglioni, grand chimiste devant l’éternel et par ailleurs directeur du département de chimie de l’université de Florence. Leurs recherches, conjuguées avec celles des chercheurs des autres pays, ont contribué à analyser le pourquoi et le comment de la nocivité de l’encre ferro-gallique à travers les âges, et à mettre au point une formule permettant de continuer à exploiter les avantages de ce type d’encre sans en avoir les inconvénients. À la clef, un magnifique projet qui vient de déboucher sur le lancement d’une ligne de dix encres ferro-galliques de couleurs variées, sachant que ces encres parfumées rappelleront la senteur, l’odeur si caractéristique des livres anciens et des bibliothèques. C’est la touche de fantaisie, la contribution des bibliothécaires et des conservateurs de la Bibliothèque nationale de Florence à la mise au point de ces encres d’avenir, à la fois neutres et indélébiles. Cette gamme d’encres ferrogalliques viendra compléter l’encre noire Stipula Calamo : une encre profondément noire et brillante, à la fois intense, fluide et veloutée.