Les Libellules
Le stylographe n°24 · Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles
Malheur à qui, par mégarde, attraperait une libellule! Le plus souvent appelée tonbo ou aka tonbo (libellule écarlate), elle se nomme aussi seirei, ce qui est phonétiquement identique au mot japonais qui veut dire «esprit». D'où la croyance populaire que la libellule transporterait les esprits. Ici, l'esprit ou plutôt l'œil du collectionneur est directement attiré par les particules de nacre qui impriment un mouvement de tourbillon au stylo et le rendent plus vivant, voire animé. Plus qu'un envol de libellules, c'est une danse, qui n'est pas sans rappeler celle des pétales de fleurs de cerisier tombant sur le sol, considérée comme le comble de l'esthétisme par les Japonais. La délicatesse des ailes des libellules, élément principal du dessin, donne aussi beaucoup de grâce au stylo. La finesse du trait et l'utilisation d'une seule couleur contribuent à l'élégance du modèle et témoignent de l'expertise de l'artiste. On notera le relief de l'or utilisé pour les yeux des libellules. Un détail qui montre avec quelle rigueur et quelle méticulosité, l'artiste s'attache à reproduire la nature qui l'entoure. La créativité des artistes s'exprime moins dans l'invention des motifs, le plus souvent inspirés d'observations de la nature, que dans la richesse des techniques. Ce qui donne un côté authentique aux stylos Namiki, qui deviennent ainsi les témoins d'une époque, les messagers d'une culture... Encore une fois, on ne peut réduire un Namiki à un simple ustensile d'écriture au vu de sa dimension artistique, artisanale et culturelle. Mais il appartient à chacun de trouver son propre mode de lecture car il n'y a pas de règle en matière d'émotion.