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Le Temps Des Bagues Agrafes Par Pierre Haury La Deuxième Partie De L’Article “Le Temps Des Bagues Agrafes” Nous Conduit Dans Les Années Où L’Usage Du Porte-Plume À Réservoir S’Était Généralisé Et Où Il Y Eut Une Véritable Éclosion De Ces Petits Accessoir

8 juin 2006 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°15 · Les articles

La bague agrafe ne demeura pas longtemps utilitaire, le goût français pour le décor et la personnalisation des objets allait la transformer. De là, naquirent les premiers «modèles fantaisie», qui n'étaient que des simples bagues sur lesquelles on avait soudé un élément décoratif. Ces décors rapportés provenaient de maisons spécialisées dans le découpage et l'estampage. Pouvant être achetés à la centaine, ils incitaient les fabricants à faire des petites séries permettant de proposer une grande variété de modèles. Les bagues à décor rapporté étaient les plus répandues. Elles étaient parfois très attrayantes, mais ne pouvaient rivaliser avec les bagues artistiques qui étaient estam- pées et rarement moulées. En décorant par estampage la bague et l'agrafe d'un modèle simple, on obtenait un résultat esthétique de qualité. Voici les outils pour l'estampage de la bague et de l'agrafe et celui, utilisé pour cintrer l'agrafe du modèle présenté. (1) Sur les bagues agrafes, il existe peu de documents, car la diversité des modèles et les faibles quantités produites ne le justifiaient pas. Ce sont les voyageurs de commerce en stylos, pièces détachées et outillages qui les propo- saient à la clientèle des fabricants et des marchands de stylos. C'est seulement dans les catalogues et les publicités qu'on découvre parfois quelques échantillons de bagues agrafes. Les présentoirs publicitaires restent les meilleures pièces à conviction, comme celui que les Frères Panici proposaient en «assurance contre tous les risques de perte ou de vol» de leurs stylos Bayard. (2) La rareté des documents rend encore plus intéressant le catalogue de 1927 des Établissements A. Martin et Fils 16, rue Saint Marc à Paris, qui se sont durablement spécialisés dans ce genre de fabrication. Les modèles de cette Maison sont facilement reconnaissables, car la partie agrafe est presque toujours constituée par deux fils métalliques réunis dans la boule glissière. (3) Poussant plus loin l'utilisation du fil métallique, A. Martin a réalisé plusieurs bagues remarquables à partir d'un seul fil métallique. Ce fil habilement contourné réalise non seulement l'agrafe, mais encore la bague. (4) Des éléments décoratifs représentant des guirlandes de fleurs sont soudés en entrelacs sur cette structure filaire qui donnent une grande élégance à l'ensemble. De par la conformation de cette bague agrafe, la fixation du stylo dans la poche se trouve améliorée. (5) Parmi les «plus de 100 modèles différents» de Jean Lecocq, rue des Saints Pères à Paris, il y avait une série de bagues pour les militaires. En voici quelques unes et… celle d'une «Chère Province». (6) La Manufacture française de bague agrafe «Le Franc» à Marseille propose en 1930 plusieurs modèles. (7)