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LE SALON VIEUX-LAQUE, UNE ODE À L’AMOUR

21 mars 2016 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°50 · Les articles · Gros plan

À la mort de son époux, Marie-Thérèse écrit : «J’ai perdu un époux, un ami, le seul objet de mon amour.» C’est alors qu’elle fait aménager l’ancien cabinet de travail de son mari, le décorant avec ce que tous deux appréciaient le plus afin d’exprimer au mieux son amour pour son conjoint : «Tous les diamants du monde ne signifient rien pour moi, les seules choses qui m’apportent de la joie viennent de Chine, particulièrement les objets laqués.» À l’époque, la laque est déjà considérée comme une matière très précieuse en raison de sa rareté et de la complexité de son élaboration à partir de la sève d’un arbre asiatique, le vernis du Japon (Toxicodendron vernicifluum). C’est une marque de luxe et de bon goût. Et Marie-Thérèse ne regarde pas à la dépense quand il s’agit de célébrer leur goût commun pour l’art de la laque d’Extrême-Orient en aménageant la pièce en souvenir de François-Etienne. Dans cette pièce qui aujourd’hui encore ravit les yeux des visiteurs du château de Schönbrunn, des panneaux de laque noire délicatement décorés de paysages, de pagodes et de motifs floraux peints à la poudre d’or, originaires de la manufacture impériale de Pékin, ont été insérés dans des boiseries en sycomore et entourés de cadres dorés richement ornés. L’alliance entre les panneaux noirs illustrés d’or et la couleur chaude du sycomore veiné dégage une impression d’opulence et de raffinement fascinante.