L'art de l'écritureAccéder à la boutique

Le stylographe n°47

Le mot d’ordre de Lucien Tissot Dupont est de faire «encore plus beau, encore plus luxueux, encore plus cher.»

21 mars 2015 — Le stylographe n°47 · Rubriques · Numéros · Les archives · Retour à l'encre · Les articles · La Saga

Cette heureuse bévue, signe d’un destin providentiel, permet à S.T. Dupont de se spécialiser dans l’art de la laque sur métal. Le premier maître laqueur était un étonnant personnage, formé dans l'atelier de Jean Dunand, célèbre artiste laqueur qui a travaillé pour les plus grands dans les années art déco. Il brassait la laque pendant cinq jours d'affilé et ses successeurs ont su transformer ces méthodes en un authentique savoir-faire, totalement unique.La qualité des produits gagne, notamment avec l'utilisation de la laque de Chine ou l'or. La fabrication des premiers briquets démarre en 1939. Il s'agit d'un briquet en or, intégré à la mallette de Yadavindra-Singh, maharadjah de Patiala. Pendant la guerre, les acheteurs de mallettes étant moins nombreux, André suggère l'idée de fabriquer des briquets à essence. Le brevet est déposé en 1941. À la fin de la guerre et compte tenu de la restriction de la durée des voyages, la société S.T. Dupont oriente sa production vers les briquets. Parmi les utilisateurs célèbres de briquets Dupont, on note, Wahrol, Coco Chanel, Marilyn Monroe, Louis Renault, Les Windsor, Jackie Kennedy, Bogart ou encore Audrey Hepburn., Le prestige de la marque s'accroît à l'occasion du mariage de la princesse Elisabeth d'Angleterre, le Président Auriol lui offre une mallette de voyage signée S.T. Dupont, la dernière produite. En 1952, la société lance un nouveau briquet à gaz. Au début des années 1960, l'entreprise se lance dans la production de briquets jetables, et le Cricket avec une recharge Dupont, premier briquet jetable européen, fait son apparition en 1964. Si le produit est un succès en France, les ventes sont modestes aux États-Unis. Toujours en quête d'innovation, le premier briquet réglable est proposé en 1966.Dès 1969, la société américaine Gillette négocie l'acquisition de l'entreprise S.T. Dupont. Celle-ci est finalement achetée en 1971 à hauteur de 48%. En 1973, afin d'élargir sa gamme de produit, elle fabrique le premier stylo, sous le nom « Classique », en bille et feutre. La version plume suivra en 1974. La gamme des stylos se développe rapidement, avec Saint Germain très 70ies, avec les plumes tubulaires si spécifiques à DUPONT, et les fameux Montparnasse, chapeautés par les fabuleux Chairman en laque transparente ambre appliquée sur un corps et un capuchon guillochés et plaqués or... Des séries limitées viendront témoigner du savoir-faire remarquable des hommes et des femmes de Faverges, en particulier les «4 éléments» que les collectionneurs s'arrachent aujourd'hui. Suivront dans les années 90 les «porte-plumes», élancés, avec une petite section à peine visible, et une rare élégance, les Lady Shantung, gracieux avec leur laque qui évoque un drapé très féminin. L'Olympio a la charge de succéder au Montparnasse en 1996, et son esthétique et sa qualité de fabrication sauront séduire un large public. On se rappelle ici des extraordinaires laques « Vertigo » qui décorent certaines versions (1996/2001). La plume est longue, et ses bord libres ressemblent à des volutes, et marque ainsi son originalité dans le monde des stylos hauts de gamme. De nombreuses séries limitées enrichiront la gamme Olympio, et on se rappellera notamment d'un très réussi «Taj Mahal». Au cours de ces 20 années, et s'agissant de la distribution de ses produits, ST DUPONT ouvre son premier magasin parisien au 84, rue du Faubourg Saint Honoré en 1980, puis deux autres dans la capitale puis dans plusieurs capitales mondiales. En 1987, l'entreprise est rachetée à Gillette par le groupe hongkongais 'Dickson Concepts, Ltd.' de Dickson PooN, qui possède de nombreuses franchises pour de grandes marques occidentales et qui devient quelques années plus tard le propriétaire des magasins londoniens Harvey Nicols. Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2008, le centre industriel de Faverges est ravagé par un incendie. La société élargit sa gamme de produits en développant les montres, la maroquinerie, le parfum, le prêt-à-porter hommes, les bijoux. Elle s'associe, en 2010, au groupe OAYAMA pour la fabrication de lunettes. Les années 2000 verront le retour des «Classic», l'arrivée du premier stylo de luxe équipé d'une clé USB, et de très exclusives séries limitées. L'Elysée est lancé en 2012 et succède ainsi à l'Olympio dont il reprend la plume. Il devient le modèle « D » et connaît de nombreux développements, dont certains seront révélés dans les mois qui viennent.