Lang Lang Ce Prodigieux Pianiste Qui Vient De L’Empire Du Milieu.Par Marie-Christine Schaar
29 novembre 2007 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°20 · Les articles
Il arrive comme un rayon de soleil avec ses cheveux en pétard. Tout pimpant dans son smoking à paillettes, il est déjà prêt pour son concert du soir. Malgré le concert de la veille et le décalage horaire, il a le teint frais et l'œil malicieux, et il est bourré d'énergie. En dépit de son incroyable insuccès et de son jeune âge, il répond aux questions qu'on lui pose avec bonne humeur. Il n'a pas la grosse tête. Ses réponses sont brèves et précises. Il aime la musique, passionnément. C'est simple non ? M.C.S. : Quel est votre compositeur préféré ? L.L. : Celui que je joue, au moment où je le joue, et il en est de même pour mon morceau favori. M.C.S. : Que ressentez-vous quand vous jouez ? L.L. : Cela dépend du compositeur. Avec Beethoven c'est concret, structuré comme une construction. Chopin m'évoque le drame, le cinéma, les histoires d'amour. Les Russes nous parlent de l'âme. Les Français eux me font penser à du parfum, quelque chose qui a du goût, et aux impressionnistes. Quand je joue, je me concentre, mais je ne suis pas une machine. Je laisse passer les sentiments et les couleurs de ce que je vis. J'essaie de dépasser la technique, d'habiter la musique, de lui donner de l'âme. M.C.S : Pensez-vous composer un jour ? L.L. : Un jour, sûrement un jour… M.C.S. : Vous jouez souvent de la musique chinoise dans vos concerts, avez-vous conscience d'être un pont entre deux cultures ? L.L. : Non, j'essaie juste de faire de mon mieux. J'aime jouer. Je suis chinois et c'est mon langage. La musique chinoise a quelque chose à dire. M.C.S. : Aimez-vous écrire ? L.L. : Oui, j'aime écrire en anglais et en chinois. J'écris ma biographie, mon voyage au cœur de la musique comme un parcours initiatique. J'écris aussi mon journal et j'ai un blog. Mon stylo préféré est un grand Meisterstück. Il est beau, simple, doux. Quand on écrit avec, c'est comme si on effleurait l'eau. Je déteste les stylos durs, et pour les pianos, c'est pareil ! M.C.S. : Où vivez-vous ? L.L. : Je vais emménager à New York. J'ai un appartement à Beijing (Pékin) et à Berlin, mais je vis surtout dans l'avion ! M.C.S. : Il faut acheter un avion alors ! L.L. : (rires) C'est trop cher ! M.C.S. : Vous êtes le premier pianiste chinois à être aussi connu ? L.L. : Oui. M.C.S. : Que dites-vous aux jeunes pianistes chinois qui rêvent de faire votre carrière ? L.L. : Le plus important, c'est d'aimer la musique. « Les Français eux me font penser à du parfum, quelque chose qui a du goût, et aux impressionnistes. » « Les Français eux me font penser à du parfum, quelque chose qui a du goût, et aux impressionnistes. »