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Les tests sous la loupe

L' «M»TU ? -MONTBLANC «M»

21 septembre 2015 — Les tests sous la loupe · Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles · Le stylographe n°48

Montblanc. Un nom et une icône dans l'univers des stylos. Meisterstück. Un monument. Le cœur de la marque depuis 1924. Comme l'indiquait Jean-Sébastien Gerondeau, le nouveau Directeur Général de la marque en France, lors de l'interview publiée dans le précédent numéro du Stylographe, la maison de Hambourg veut toucher une nouvelle clientèle, jeune et urbaine, tout en conservant les gammes qui font la renommée et le succès de Montblanc depuis tant d'années. Pour la première fois de son histoire, Montblanc fait appel à un designer extérieur pour le développement de son nouveau stylo. C'est Marc Newson, designer australien à succès, que l'on connaît notamment pour avoir dessiné des meubles en petites séries qui battent des records en salle des ventes, des aménagements intérieurs d'avions d'affaires, des bijoux et des vêtements, qui a été sollicité. Il vient de rejoindre Apple, il y a tout juste un an. Son style se caractérise par des lignes fluides et des formes tendues, inspirées de l'aéronautique, et il n'hésite pas à recourir à des matériaux innovants. On sent bien que Marc Newson répond à la volonté de Montblanc de lancer un stylo réellement nouveau ! Et à stylo novateur, nom inédit : il s'appelle « M »... Comme Montblanc et comme Meisterstück. Au premier coup d’œil, l'évidence de la nouveauté apparaît. Le « M » ne ressemble à aucun autre produit de la noble maison. Quand on regarde le stylo fermé, on ne retrouve, à l'exception de l’emblème, aucune référence à la production antérieure de Montblanc : pas de bague de capuchon, pas de clip inspiré des agrafes de Meisterstück. Nouveau. Réellement nouveau. Ne boudons pas notre plaisir, il est si fréquent que ce qualificatif soit usurpé, et ce dans tous les domaines de la production industrielle et du design… Le « M » est un stylo de taille assez compact. Ses formes sont douces, et ses extrémités arrondies. L'emblème vient – seule concession aux « codes » de la marque – trouver sa place au sommet du capuchon. Il n'a, je vous rassure, pas été modifié ! La résine est noire et la ligne du stylo n'est troublée par aucune bague, et c'est heureux. Urbain et moderne vous a-t-on dit. L'agrafe est rhodiée. Sa forme m'évoque presque un trombone. Univers du bureau. Plus surprenant encore, le dernier tiers du corps comporte un méplat, comme si on avait enlevé au couteau, dans le sens longitudinal, une partie de la matière. Cette originalité stylistique répond de belle manière à un défi pour le designer : comment voir le symbole Montblanc quand on regarde une main qui écrit avec un stylo sans que le capuchon ait été posté ? La réponse apportée par Marc Newson est évidente : il place l'étoile blanche sur ce méplat et on ne voit qu'elle quand on est assis en face de quelqu'un qui écrit avec un « M » ! Contrainte liée à ce choix stylistique, on ne poste pas le capuchon d'un « M ».J'ouvre le capuchon et je constate qu'il s’encliquette et jouit en plus d'une aimantation qui assure un placement idéal, l'agrafe et le méplat comportant le logo Montblanc étant parfaitement alignés... Il est clair que ce stylo est «pensé» ! La section est en métal, finition «canon de fusil», et striée pour une meilleure préhension. Elle porte une plume en or 14 carats, rhodiée. Cette plume est reprise du Starwalker et promet donc un bel agrément. Son dessin moderne s'accorde bien au design de Newson. J'ouvre le corps pour remplir le converter ou placer une cartouche. L'équilibre en main mais est agréable, avec un poids centré sur la section, gage d'une bonne tenue. La section est d'assez fort diamètre, ce qui assure un confort réel et évite toute crispation. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que le conduit assure son office à la perfection et que la plume est d'une grande douceur. Elle présente peu de flexibilité mais elle vous permettra de faire de longues séances d'écriture ou de prendre quelques notes à la volée sans jamais présenter la moindre faiblesse ou la moindre variation dans le débit. En écrivant, je me surprends à regarder le logo de ce « M » et me dis que sa place est évidente. Après une semaine d'utilisation quotidienne, je me suis fait au design sobre de ce stylo. Au premier contact, si je le trouvais «intelligent», il me semblait presque trop dépouillé, mais l’œil regarde et le cerveau comprend, intègre le dessin et finalement le trouve très réussi, ce stylo baroudeur des villes qui sera aussi bien à sa place dans la poche de jeans d'un étudiant des beaux-arts que dans la chemise aux fines rayures d'un cadre dynamique... Et le sac à main d'une jeune femme ? Si elle est urbaine et moderne, elle appréciera sa sobriété, sinon Montblanc nous fera peut-être un jour un « M » de couleur... (Pour l'idée, Monsieur Montblanc, je prends moins cher que Marc pour le dessin !) Ce « M » séduira une clientèle nouvelle, sans aucun doute. Les nombreux amateurs des Montblanc Meisterstück sauront s'y faire… ou pourront à loisir rester fidèles à leur icône ! Je n'ai en définitive qu'un léger regret. Un seul... Le design a un prix. Et si, après un temps d'utilisation, et la constatation de l'agrément dispensé par ce stylo, ce prix m'apparaît raisonnable, il pourra surprendre au premier abord, en particulier une clientèle nouvelle, fût-elle urbaine et branchée...Ce test porte sur un stylo important qui marque une réelle évolution chez Montblanc. Il révèle un stylo au dessin nouveau, loin des codes traditionnels de la marque allemande et indéniablement réussi. Alors, ce Montblanc ? On l' « M » ! S