L'AUTRE JAPON... -PLATINUM 3776 CENTURY « Black in black »
21 mars 2016 — Les tests sous la loupe · Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°50 · Les articles
Platinum, maison japonaise peu connue à ce jour en France, existe pourtant depuis 1919 ! Fondée par Shunichi Nakata, elle devient la Platinum Fountain Pen Co en 1928, avec une mappemonde comme logo. Le modèle 3776 est lancé en 1978. Ce nombre fait référence à l'altitude en mètres du mont Fuji, véritable symbole du Japon. Le Platinum 3776 Century est aujourd'hui proposé en quatre finitions : noir légèrement transparent, rouge ou bleu également transparents ainsi qu’une version «demonstrator» totalement transparente. Il s'agit d'un stylo de taille respectable et de forme très classique, à bouts arrondis. La version «Black in Black» semble dans les faits opaque et ce n'est que sous les rayons du soleil ou une lumière de forte intensité qu'elle révèle sa transparence. Ceux qui rechercheront cette caractéristique choisiront le modèle Bourgogne ou Chartres Blue, voire le « Nice», transparent aux attributs plaqués or rose. Si son aspect est assez classique, le Century 3776 dissimule quelques détails qui lui sont spécifiques et sur lesquels je reviendrai... L'agrafe est assez large et plate. Une large bague de capuchon rhodiée lui fait écho, cependant qu'une fine bague orne le bout du corps. Noir et chrome, la combinaison est connue... Je dévisse le capuchon, qui révèle une section en résine noire moulée, évasée pour un bon appui des doigts. Elle porte une plume Platinum d'assez grande taille, en or 14 carats rhodiée pour s'assortir aux autres attributs. Je remarque l'élégance originale de cette plume, très plate et juste recourbée de côté au contact du conduit. Elle se marie bien avec le clip, très plat lui aussi. En main, le stylo est très léger et de dimensions confortables : ni trop grand, ni trop fin. Je dévisse la section au pas de vis métallique et percute la cartouche Platinum spécifique. Elle comporte une boule en métal pour fluidifier l'encre et faciliter l'écoulement régulier du liquide. Je souligne l'intelligente doublure intérieure du capuchon, qui fait contact avec le bloc plume quand le capuchon est fermé et assure ainsi l'étanchéité du logement de la plume, évitant le dessèchement de l'encre... Le Platinum 3776 Century tombe bien en main et sa masse réduite surprend au premier abord mais se révèle fort agréable à l'usage. L'équilibre est bon, capuchon posté ou non, compte tenu de cette grande légèreté justement. Ayant percuté la cartouche (pensez à faire des stocks si vous vous éloignez de votre détaillant préféré), je constate avec plaisir que l'encre parvient vite à la plume, témoignage d'un processus de fabrication parfaitement maîtrisé. Je signale que ces cartouches contiennent une encre à pigments très stable à la lumière. Comme toujours pour les stylos japonais, ma plume M ressemble fort à une plume F chez les constructeurs européens ou américains : le trait est fin, voire très fin pour qui n'appuie absolument pas. Immédiatement, je note la grande douceur au contact de la feuille. Peu de flexibilité mais un grand bonheur à l'usage tant cette pointe d'iridium est idéalement polie ! J'appuie, je change d'incidence, je mets des angles improbables : le flux reste constant, sans interruption. Platinum maîtrise indiscutablement la fabrication des instruments d'écriture ! Les amateurs trouveront des plumes EF, F, M, B ou C (double B) toutes aussi douces. Au fil des jours, ce stylo d'abord très classique fait la preuve de ses qualités intrinsèques, à telle enseigne que l'idée de devoir le rendre à l'issu de ce test m'est pénible... Quand vous saurez que ce stylo est «très» abordable, vous vous précipiterez dans votre boutique habituelle pour vous assurer qu'elle distribue cet instrument au rapport qualité-prix incroyable ! Je vous laisse... J'y vais !