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Giuliano Mazzuoli 3.6.5 Mokina Ou « Le Ristretto Selon Giuliano Mazzuoli »

26 novembre 2009 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°27 · Les articles

L'Italie : les pâtes fraîches, les voitures rouges, les souliers patinés à la main, le café. La carte postale est évocatrice... Tous les amateurs de café italien associent le nom de Bialetti à leur breuvage favori. C'est en 1933 que Al- fonso Bialetti dessine et brevette sa « moka ex- press », une cafetière révolutionnaire qui se pose à même le feu ou aujourd'hui la plaque de cuisson. Giuliano Mazzuoli, fondateur de la marque de stylos 3.6.5. s'est inspiré de la mythique cafetière pour dessiner le « MOKINA » qui reprend le design de son grand frère « MOKA » sorti voici quelques années. Tous ceux qui connaissent la cafetière reconnaîtront la filiation stylistique. Le ( je devrais dire « la ») MOKINA est un petit stylo au design sophistiqué, belle évocation oblongue de la «moka express». Le corps et le capuchon comportent neuf facettes aux arêtes vives, et s'évasent respectivement vers le bas, et vers le haut. Cet évase- ment permet au stylo de tenir debout...ce qui semble logique s'agissant d'une cafetière ! Le stylo sera par contre moins facile à glisser dans une poche poitrine. Une bague chromée assure la jonc- tion entre les deux pièces, cependant qu'une boule du même métal domine l'ensemble, rappelant ainsi la boule de préhension du couvercle de la cafetière. Le clip, géométrique,est articulé et comporte une vis dans sa par- tie haute qui confirme le design « mécanique » du stylo. Le modèle testé est en finition anthracite (il s'agit en fait d'un gris bleuté métallique, légèrement texturé) que je trouve très réussie. Le capuchon dévissé peut se poster en se vissant à l'extrémité du corps,et c'est bien utile pour assurer une bonne prise en main, compte tenu de la taille réduite du stylo. Je regrette qu'en position fermée, les facettes du corps ne soient pas alignées avec celles du capuchon. Il y aura lieu de vérifier si ce petit défaut affecte tous les stylos, ou seulement le mien. La section est chromée et porte une petite plume rhodiée. Fait rarissime (n'y voyez aucun jeu de mots modènais) la plume ne comporte aucune gravure. Le stylo n'est identifié que par le nom du fabricant, à l'extrémité basse du corps. A propos de sec- tion lisse et de petit diamètre, ne la vissez pas trop fort, vous aurez du mal à l'ouvrir pour changer la cartouche (petite internationale). Est-ce que le « MOKINA » écrit aussi bien que la « moka express » fait du bon café ? La surprise est réelle: quand un stylo fait la part (trop?) belle au design, je doute toujours du soin apporté à la capacité à écrire... Le « MOKINA » prouve que mes préjugés sont «fort de café»... Non seule- ment la plume est douce, mais le débit est régulier et le trait de largeur moyenne, affirmé. La prise en main est compatible avec le parti pris de ce stylo d'offrir aux dames (oui, je le trouve féminin) un bel objet destiné à écrire des petits mots (doux et suaves, comme un café italien). Celles et ceux qui noircissent des pages à longueur de journée n'auront qu'à choisir un stylo plus confortable... Le «MOKINA» est en définitive un petit instrument d'écriture bien attachant... J'aime ! Et j'achète, compte tenu de son prix raisonnable.