FABRIQUER SON ENCRE EN 1702
21 juin 2016 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°51 · Il était une fois · Les articles
L’encre se compose ordinairement avec du vin blanc ou de l’eau de pluie, ou de la bière, laquelle il faut mettre dans un pot de terre tout neuf, verni ou plombé, de grandeur à proportion de ce que l’on en veut faire, et il faut que le pot n’ait servi qu’à cet usage. Il faut mêler dans le vin, eau ou bière, par exemple pour avoir une pinte d’encre, un demi-quarteron de noix de galle, de la plus noueuse et de la plus noirâtre que l’on pourra trouver, qui sera cassée seulement en trois ou quatre morceaux et non pas broyée ; laquelle il faut laisser tremper dans ladite bière à froid, vingt-quatre heures, ou bien même, en été, exposée au soleil dans un lieu le plus ardent. On se peut encore servir, pour faire de l’encre, d’eau de citerne ou de neige fondue ou de pluie, mais il faut que cette eau soit exposée plus longtemps au soleil, comme environ deux jours, avec ladite noix de galle ; laquelle eau doit être passée dans un linge délié auparavant que d’y mêler la noix de galle. Quand cela aura trempé un jour ou deux, selon ce qui est dit ci-dessus, il faut la mettre au feu et la faire bouillir deux ou trois bouillons, et, quand elle commencera à noircir, il y faut mettre un demi-quarteron de couperose broyée, puis environ une once de vraie gomme d’Arabie, bien broyée, que l’on fera bouillir encore deux ou trois bouillons. Que si elle était encore trop épaisse, il faut y ajouter un peu de vin, de bière ou d’eau de pluie ou de neige à proportion de ce qu’il lui en faudra ; que si elle était trop claire, il faut la faire bouillir davantage, et si elle perçait le papier dans l’essai, il y faudrait ajouter quelque peu de gomme, puis la laisser refroidir dans le même pot, et ensuite la couler avec un petit crible ou étamine dans la cruche, laquelle il faut bien boucher et resserrer en quelque lieu fraîchement. « Instruction facile et méthodique pour l’école paroissiale »