Faber-Castell Le Charme Discret Du Luxe.
1 juillet 2010 — Le stylographe n°29 · Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles
Le baron Lothar von Faber, arrière petit-fils de Kaspar Faber, créateur en 1761 de la célèbre fabrique de crayons à Nuremberg, fut un pionnier en créant le premier instrument d'écriture de marque au monde. Ce fameux crayon demeure aujourd'hui un incomparable exemple de simplicité et de design. Pour évoquer cette marque mythique, nous avons rencontré Philippe Dayron, Directeur Général France depuis avril 2008, un homme passionné qui revendique tout un univers de luxe, d'authenticité et de raffinement. Dominique Muron. Le luxe semble être le patrimoine de Faber-Castell... Philippe Dayron. Il est vrai que nous avons reçu le luxe en héritage ! L'histoire de notre marque est d'abord l'histoire d'une famille puisque, comme vous le savez, la maison Faber-Castell est née en 1761... Et appartient toujours à la même famille. À l'origine, notre coeur de métier était le bois et le crayon graphite. La marque s'est développée sous l'impulsion des différentes générations de la famille Faber-Castell; c'est aujourd'hui la 8ème génération, en la personne du Comte Anton W. von Faber-Castell, qui la représente avec la classe et l'élégance qui le caractérisent. En 1993 naissait la marque Graf von Faber- Castell : le lien avec le métier d'origine était évident puisque le premier produit de la marque fut le crayon Excellence avec son taille-crayon incorporé, une véritable innovation. Graf von Faber-Castell fait le lien entre le cœur de son métier et la volonté d'aller vers l'écriture de luxe. Pour simplifier, l'uni- vers de Graf von Faber-Castell est celui du luxe. Faber-Cas- tell Design se positionne comme une offre contemporaine accessible au plus grand nombre. Bien sûr, le consommateur comme le revendeur voient parfaitement l'empreinte de Faber-Castell dans les deux marques mais nous arrivons, nous, à créer deux univers différents. DM. Comment vous positionnez-vous sur le marché de l'instrument d'écriture? Et quelle est votre production embléma- tique? PD. Notre positionnement? Clairement le luxe. Dans cet univers, nous sommes trois acteurs. Quant à la production qui nous représente le mieux? Sans hésiter, le crayon Excellence, c'est incontestablement le pro- duit fondateur d'une collection, il initie les codes qui se- ront déclinés par la suite. Par sa sobriété, son élégance, ce crayon est emblématique du raffinement de notre marque. C'est en outre une véritable innovation, un produit unique. Dans les plumes, ce sont les bois précieux, ébène, grenadille, pernambouc... qui se révèlent les plus emblématiques de notre collection. Une collection qui touche une cible plutôt masculine, mais des stylos comme l'Anello en ébène, or ou ivoire séduisent aussi les femmes. DM. Quelles sont les valeurs de la maison Faber-Castell ? PD. La compétence et la tradition, bien sûr. Depuis 249 ans que nous faisons des crayons, nous pouvons légi- timement revendiquer la qualité, l'excellence. Ensuite, l'innovation, la créativité, nos produits en témoignent. Ce que l'on connaît peut-être moins, c'est notre respon- sabilité sociale et écologique. Faber-Castell fut un véri- table pionnier au niveau social. Dès la 4ème génération, la famille Faber-Castell fut d'ailleurs anoblie pour son œuvre sociale. Nous devons par exemple à Lothar von Faber (1817 – 1896) la création d'une des premières éco- les maternelles d'Allemagne puis celle d'une mutuelle au milieu du XIXe siècle. Le capital humain est l'un des rouages essentiels de notre société. La même charte so- ciale est appliquée dans nos 15 usines à travers le monde avec, par exemple, l'installation du salaire minimum, le droit au syndicalisme, l'interdiction du travail des en- fants... Nous avons gardé de notre histoire une vision humaniste de la société. J'ai cité aussi l'écologie. Depuis 25 ans, nous nous engageons dans la reforestation au Brésil et le respect de la biodiversité au sein de l'asso- ciation Bio Diversity in Good Company. Nous plantons chaque année 1 million d'arbres et nous veillons à ce que 2700 ha soient préservés de toute intervention humaine. Aujourd'hui, 80 % de la production bois est issue de nos propres forêts, le logo Eco Pencil certifie que nous utilisons du bois de reforestation et que ces forêts sont gérées durablement. En 3 ans, nous avons divisé par 2 nos émissions de CO2 à 20 000 tonnes et nous sommes neutres en émission grâce à nos forêts. 88 % des déchets et 98 % des eaux usées sont recyclés. Ainsi, notre usine de Stein (près de Nuremberg) est chauffée à 40% avec des énergies renouvelables. Enfin, je citerai bien sûr dans nos valeurs fondamentales le luxe et le plaisir, les sensations, l'émotion véhiculées par nos collections. DM. Comment êtes-vous distribués ? PD. Nous avons 14 boutiques propres Graf von Faber-Castell ou Faber-Castell dans le monde et plus de 200 «Shops in Shop». Il est fondamental pour nous de bien mettre en avant nos produits, c'est le meilleur moyen de développer nos ventes. DM. Créez-vous des éditions limitées ? PD. Nous avons initié en 2003 le Stylo de l'Année, une édition limitée dans le temps et numérotée. C'est pour nous un exercice délicat de trouver de nouveaux matériaux, année après année... Mais les collection- neurs nous attendent et le Stylo de l'Année est incon- testablement un magnifique objet de communication. Pour le Stylo de l'Année 2009 réalisé en crin de cheval, nous avons réalisé 15 personnalisations dans le monde, des stylos habillés avec le crin du cheval de l'acquéreur ! La version 2010 est un chef d'œuvre en noyer du Caucase. Ces pièces rares sont vendues entre 2200 et 2500 euros. Peut-être réaliserons-nous une édition exceptionnelle en 2011, pour fêter le 250ème anniver- saire de notre marque... DM. Avez-vous une politique de communication ? PD. Le point de vente est sans aucun doute notre premier vecteur de communication, nous tenons à ce que notre propre mobilier soit mis en avant afin d'as- surer au mieux la représentativité de notre marque. Nous veillons à insuffler à nos revendeurs l'esprit de la marque. Je vous rappelle aussi qu'à travers notre mar- que d'écriture de luxe Graf von Faber-Castell, nous nous associons depuis 2 ans aux Prix Romy Schneider et Patrick Dewaere, qui récompensent les meilleurs es- poirs du cinéma français. C'est ainsi que la somptueuse Marie-Josée Croze, Prix Romy Schneider 2010, a reçu un stylo Anello ivoire. Nous faisons également des relations presse qui nous assurent (avec environ 150 paru- tions par an) une présence constante, sans parler de la communication presse spécialisée comme celle que nous assure votre magazine. DM. Quelle est votre actualité et comment envisagez-vous l'avenir? PD. Fin 2010, des nouveautés Graf von Faber-Castell complèteront les gammes actuelles, toujours dans l'esprit de la marque et dans un positionnement réso- lument luxe. Comme nous sommes un groupe familial, nous avons la chance d'avoir une vision à moyen et long terme qui nous assure une certaine sérénité. Et à l'époque actuelle, voilà un luxe inestimable. Quand on a 250 années d'histoire derrière soi, le temps prend une autre valeur... Certes, le marché est mature, mais nous restons persuadés que l'écriture est vraiment la marque de la personnalité, qu'elle véhicule une émotion unique, rare. Je sais que le marché de l'écriture de luxe va se modifier certes, mais je suis sûr qu'il va se pérenniser. A nous de cultiver le dynamisme de tous, revendeurs, collectionneurs et amateurs !