UNE CONFIDENCE FRAGILE Je n’ai jamais eu la prétention d’être lisse. Ni dans mes silences, ni dans mes mots. Tout chez moi tremble un peu – mon regard, ma voix, jusqu’à mon écriture. Et c’est sans doute dans ce tremblement que je me reconnais le mieux. Mon regard... Il n’est…
Par Jean-Pierre Guéno SERGE REGGIANI UNE CONFIDENCE FRAGILE Je n’ai jamais eu la prétention d’être lisse. Ni dans mes silences, ni dans mes mots. Tout chez moi tremble un peu – mon regard, ma voix, jusqu’à mon écriture. Et c’est sans doute dans ce tremblement que je me reconnais le mieux. Mon regard... Il n’est pas fait pour briller mais pour chercher. Il porte en lui une inquiétude ancienne, une mélancolie qui ne m’a jamais quitté. Je ne chante pas pour impressionner Je regarde le monde comme on écoute une confidence fragile, avec cette attention presque douloureuse à ce qui échappe. Il y a dans mes yeux des absences, des souvenirs qui s’attardent, des visages que je n’ai jamais vraiment laissés partir. On y lit parfois de la douceur, parfois une fatigue... mais toujours une forme de tendresse pour ce qui vacille. Ma voix, elle, est une faille. Une voix d’homme qui doute, qui se brise parfois au détour d’un mot. Je ne chante pas pour impressionner, je chante pour dire ce qui m’échappe autrement. Elle est rauque, fragile, presque parlée – comme si chaque phrase hésitait entre rester…