Ses vers mélancoliques traduisaient le regard désenchanté sur le monde et sur lui-même de cet autre précurseur de la poésie moderne.
Par Jean-Pierre Guéno PAUL VERLAINE LE REGARD DÉSENCHANTÉ Ses vers mélancoliques traduisaient le regard désenchanté sur le monde et sur lui-même de cet autre précurseur de la poésie moderne. Le regard de Paul Verlaine sur le monde est profondément marqué par la sensibilité, le désenchantement, et par une quête continuelle et douloureuse de beauté et de rédemption. Poète majeur du symbolisme, il a traversé sa vie entre exaltation et abîme : il décrit un monde flou, imprécis, musical, souvent baigné de brumes, d’ombres, de pluie douce. Il privilégie la suggestion à la précision. Il ne décrit pas la réalité brute, mais la traduction émotionnelle de cette réalité. Un vers résume son idéal : « De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l’Impair... » (« Art poétique », 1884). Un monde ressenti plus que vu, un univers où les émotions l’emportent sur la logique. Verlaine regarde le monde à travers le prisme d’une mélancolie profonde. Il évoque des paysages tristes, des amours perdues, des regrets. Pour lui, le monde est blessé et l’âme humaine l’est tout autant. « Il pleure dans…