CHARLES BEAUDELAIRE LE REGARD LUCIDE Figure fondatrice de la poésie moderne, le poète des « Fleurs du Mal » transcende la laideur du monde grâce à l’art.
Par Jean-Pierre Guéno CHARLES BEAUDELAIRE LE REGARD LUCIDE Figure fondatrice de la poésie moderne, le poète des « Fleurs du Mal » transcende la laideur du monde grâce à l’art. Charles Baudelaire (1821–1867) a su effeuiller la beauté, le mal, la mélancolie, l’amour, la mort et l’ennui existentiel avec un regard lucide, critique et souvent désenchanté sur un monde qu’il jugeait corrompu et décevant, sur une société moderne dégradée, matérialiste et vulgaire dont il dénonçait l’hypocrisie, la médiocrité bourgeoise et la perte du sacré. Sentiment central dans son œuvre, le « spleen » désigne un profond mal-être, une angoisse existentielle. Il illustre le tiraillement entre un idéal inaccessible et une réalité décevante. Malgré le spleen, Baudelaire cherche des échappatoires : l’art, l’amour, la beauté, la drogue, la religion... Mais aucune n’est pleinement satisfaisante. Son regard reste tragique. Il cherche la beauté dans l’horreur, le sublime dans la laideur. Il ne craint pas d’explorer les zones sombres de l’âme humaine en poète, souvent incompris, en conflit avec la société,…