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Le stylographe n°47

«Chacun doit pouvoir trouver le salut comme il le désire»

21 mars 2015 — Le stylographe n°47 · Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles · Gros plan

Ainsi libéré, il reprend ses études, correspond avec Voltaire et adhère à la Franc-Maçonnerie. Il cultivera aussi dès lors l’art de la dissimulation. Quand il arrive au pouvoir, en 1740, le jeune roi fait preuve d’une remarquable ouverture au monde. Derrière le monarque qui semble poursuivre froidement ses intérêts, se cache un esprit éclairé aux multiples talents surprenants. Frédéric se consacre intensément à l’étude de la philosophie, de l’histoire et de la poésie. Il échange de nombreuses lettres avec Catherine la Grande et lui dédie plusieurs poèmes. Son intense correspondance avec Voltaire, le philosophe des Lumières, a traversé les siècles. C’est aussi un bon joueur de flûte qui aime participer à des concerts privés. Dans les hauts et les bas de la politique d’hégémonie européenne, Frédéric II fait preuve d’une formidable habileté stratégique. Sous son règne, la Prusse entre dans le cercle des grandes puissances. Parallèlement, sa politique est empreinte de ses idées réformistes. Il se nomme lui-même «premier serviteur de l’État» et choque l’Europe en abolissant la torture. Sa monarchie est marquée par la tolérance, en accord avec sa devise : «Chacun doit pouvoir trouver le salut comme il le désire», et il établit la liberté religieuse. Gestionnaire avisé, Il stimule le développement de l’économie en favorisant la venue de colons allemands et hollandais, encourage l’essor de nouveaux produits comme le houblon et la pomme de terre et développe l’industrie textile et sucrière, la métallurgie et les industries du luxe (porcelaine, faïence, soie). Il rend l’école primaire obligatoire, fait construire des centaines d’écoles, fonde une Académie des Sciences. Le système éducatif prussien devient l’un des plus apprécié d’Europe. En matière de politique étrangère, il fait preuve d’un esprit visionnaire en concluant un traité d’amitié et de commerce avec les États-Unis, signé avec deux pères fondateurs américains, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson. Au terme de la guerre de Sept Ans et après la victoire sur la puissante monarchie de Habsbourg, la Silésie passe définitivement entre les mains de la Prusse, ce qui donne au pays une stature internationale. Frédéric est salué comme un génie militaire. Désormais, on l’appelle «le Grand».