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Le stylographe n°29

Cartier Elégantisme Audace.

1 juillet 2010 — Le stylographe n°29 · Rubriques · Numéros · Les archives · Les articles

Créée par Louis-François Cartier en 1847, la marque fut longtemps associée à la joaillerie de prestige, sa première activité. La fameuse panthère emblématique fait partie depuis longtemps du rêve Cartier. Appartenant au Groupe Richemont, le joaillier a également affirmé son excellence dans le domaine de l'écriture de prestige. Le luxe, toujours le luxe... Pour parler de cette Maison qui suscite encore et toujours le rêve universel, nous avons rencontré Cyrille Vigneron, Directeur géné- ral Europe de Cartier. Depuis vingt ans dans le groupe Cartier, Cyrille Vigneron était responsable de la marque au Japon avant de se consa- crer à l'Europe depuis quatre ans maintenant ... Un groupe qui gère, dit-il, un portefeuille de marques magnifique. Dominique Muron. Quel est le position- nement de Cartier aujourd'hui ? Cyrille Vigneron. Nous sommes les numéro 1 pour la joaillerie au niveau international, les numéro 2 dans le secteur de l'horlogerie de prestige. Vous connaissez cer- tainement l'une ou l'autre de nos créations emblématiques, les bra- celets, colliers ou bagues Panthè- re, Trinity ou Love... Et pour les montres, nos modèles Tank, Ballon Bleu, Santos ou Roadster... sont déjà de vrais classiques parfaitement intemporels. Mais il faut savoir que nous sommes aujourd'hui égale- ment numéro 2 dans l'univers de l'écriture de luxe. Parmi les produits qui contribuent à notre succès, citons le Diabolo, les diverses éditions Louis Cartier, le Santos, le Roadster, qui ont séduit de nombreux connaisseurs. Le stylo Cartier le plus emblématique ? Le Diabolo, version Rock'Roll ou Art Déco. Nos matières privilégiées sont le métal et les matériaux composi- tes qui donnent aux stylos douceur, légèreté et confort. DM. Développez-vous des éditions limi- tées ? CV. Bien sûr, vous connaissez le Diabolo Noir et Blanc. Mais notre volonté est surtout le développe- ment de produits d'exception qui, eux aussi, font rêver... Si vous avez vu Les Inséparables, deux stylos perroquets sur leur perchoir, dorés à l'or fin et ornés de pierres précieuses de couleurs, vous êtes certaine- ment tombée sous le charme. Ce sont des œuvres d'art, de pures merveilles que l'on pose sur son bureau et que l'on admire ! Créés il y a deux ans, Les Inséparables sont édités chaque année en série limitée, pour le bonheur de connaisseurs avertis. Nous avons présenté aussi deux éditions uniques, les stylos-plume Crocodile et Dragon, ornés de pierres précieuses, d'émail et de laque dorée à la feuille, ce qui nécessite un très grand travail et d'infinies précau- tions pour ne pas risquer de rayures. Le Crocodile est édité en 10 exemplaires et le Dragon en 8. L'inspiration de notre studio de création, qui est intégré à la maison, est une alliance exemplaire entre la haute joaillerie et l'écriture. Alors, bien évidemment, il faut ensuite gérer les contraintes qui peuvent apparaître entre le dessin d'un produit « idéal » et la possibilité de réaliser celui-ci ! DM. Comment caractériseriez-vous votre clientèle ? CV. En fait, avec la variété de nos lignes, nous sédui- sons autant les hommes que les femmes. Leur point commun? Ce sont des connaisseurs qui, partout dans le monde, aiment les beaux objets. DM. Quelles sont vos valeurs de marque ? CV. Comme je le dis volontiers, il existe un rêve Cartier, un rêve universel, autant masculin que féminin, dans l'informel et dans le formel. Pour caractériser Cartier, j'ai envie de dire « tradition vivante, raffinement, audace élégante ». Si nous parlons de glamour, alors il s'agit de glamour intemporel. DM. La distribution est importante pour une marque telle que Cartier ? CV. Elle est essentielle. Nous avons 300 boutiques dans le monde, en Europe bien sûr, mais aussi aux USA, au Japon, déjà 31 en Chine, où le marché se développe de manière spectaculaire, et en Russie, notamment à Moscou et St-Pétersbourg où une nouvelle maison vient d'ouvrir en mai. Nous avons aussi des points de vente spécialisés en instruments d'écriture, papeterie ca- deaux et horlogerie. Nous les sélectionnons avec le plus grand soin pour leur prestige, la compétence de leurs collaborateurs, la mise en valeur de nos produits et enfin le soin qu'ils en prennent. Les produits Cartier exigent une manipulation délicate et un service après-vente pro- fessionnel. DM. Parlez-nous de votre actualité et de votre stratégie de développement... CV. Nous avons une stratégie d'innovations permanen- tes et nous participons à des événements prestigieux. Ainsi, nous présenterons nos nouvelles créations en joaillerie à la Biennale des Antiquaires, en septembre, à Paris, et nos nouveaux stylos au Salon de Genève. Nous organisons aussi nous-mêmes des événements, comme cette présentation sur site en septembre der- nier à Istanbul, dans un magnifique palais, au bord du Bosphore – un moment fort qui a attiré des amateurs du monde entier. Bien sûr, nous faisons un peu de publicité classique, mais les boutiques sont nos meilleures vitrines. En ce qui concerne le mécénat, la Fon- dation Cartier pour l'Art Contemporain à Paris, est remarquablement active. A noter aussi : une collection de pièces anciennes de la maison ef- fectue un véritable tour du monde. A Pékin, en septembre 2009, nous avons exposé 300 pièces au cœur de la Cité Interdite. C'était une grande première en Chine. Nous avons organisé des événements exceptionnels au musée national de Tokyo, au MET de New-York, à la Fondation Gulbenkian de Lisbonne, au musée des Beaux- Arts de Mexico, au musée du Kremlin, à Mos- cou... En créant de nouvelles pièces sans inter- ruption depuis 1850, nous avons conscience – et l'immense fierté – d'apporter une contribution artistique majeure dans l'ensemble des XIXe– XXe siècles... L'avenir ? Cartier existe depuis cent soixante ans et sera toujours une référence dans cent soixante ans... Toujours le rêve universel ! «Il existe un rêve Cartier, un rêve universel.»