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Les tests sous la loupe

AMOUREUX D’UN SERPENT ? -GRAF VON FABER-CASTELL CLASSIC ÉDITION LIMITÉE

21 décembre 2015 — Les tests sous la loupe · Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°49 · Les articles

1761 BOIS D’AMOURETTE On ne présente plus la grande maison de Stein, près de Nuremberg, en Bavière. On sait combien le bois est important dans la production de Graf von Faber-Castell, et ce depuis l’origine, en 1761. À telle enseigne que l’entreprise est investie dans un programme important de reforestation en Amérique du Sud. Quel chemin parcouru depuis les premiers crayons fabriqués il y a deux-cent cinquante-quatre ans… Aujourd’hui, portée par la même famille depuis les origines, la maison allemande est un leader sur son marché et propose une large gamme de produits, des crayons d’écolier aux stylos à plume les plus précieux. Le stylo que je teste aujourd’hui est un résumé de cette belle histoire… Issue de la ligne dite «Classic», cette série limitée à 1761 exemplaires est en bois d’amourette. Cette essence provient des forêts côtières du nord-est de l’Amérique du Sud. Le bois d’amourette est appelé «snakewood» en anglais, en raison de son apparence qui le ferait ressembler à la peau d’un serpent. Sa structure est droite et il bénéficie d’une brillance naturelle. C’est un bois résistant, notamment aux attaques des insectes. Il est aussi très dense et difficile à travailler mais il se polit aisément. Ce stylo est en production limitée mais sans numérotation. La mention de sa limitation figure sur le capuchon : « Snakewood Limited edition - 1761 pcs ». La ligne «Classic» est connue. Il s’agit d’un stylo assez long mais relativement fin. Le capuchon est en métal, plaqué platine, de même que la section et l’extrémité du corps. On retrouve les formes caractéristiques des Graf von Faber-Castell, avec en particulier ce capuchon évasé vers le haut, ce clip spécifique, aux formes assez géométriques, articulé sur ressort, et surtout… une finition hors pair. Le contraste entre le brillant du platine et le corps en amourette guilloché verticalement est très réussi mais je dois avouer que l’effet de nouveauté serait encore renforcé par une évolution du design… Le stylo est assez présent en main et très équilibré. J’évite de poster le capuchon, qui viendrait charger l’arrière et rompre ainsi la balance naturelle de cet instrument. La section, quoique lisse, offre une bonne prise du fait de sa forme ergonomique, légèrement évasée vers la plume. Elle est d’assez fin diamètre et sera donc adaptée à toutes les mains, y compris les plus menues. En dévissant la section, on remarque, une fois de plus, l’excellente qualité de fabrication qui caractérise ce stylo. On le remplit à l’aide d’un converter et il accepte aussi une cartouche. La plume est en or 18 carats et son centre est revêtu d’un masque rhodié. Les gravures qui l’ornent sont sobres et élégantes. On y retrouve bien entendu les armoiries de la famille von Faber-Castell, qui font écho à celles figurant au-dessus de l’agrafe. Je teste la largeur moyenne. Je pose la plume sur la feuille et je retrouve cette douceur qui révèle l’excellence du polissage de la pointe d’iridium soudée à son extrémité. Quel que soit le grain du papier utilisé, elle court avec aisance. Quelle que soit l’incidence du stylo par rapport au plan horizontal, elle remplit son office avec un toucher de velours… Le débit est constant et si je ne trouve qu’assez peu de flexibilité, je suis séduit par l’agrément que ce stylo délivre. Quelques lignes plus loin, de délicates tortures infligées sous forme de signature rageuse ne font que confirmer cette impression positive. Reste la question du prix de l’excellence : il est cohérent avec la qualité qui se dégage de cet instrument d’écriture. Tout au plus, les heureux possesseurs d’un Classic Pernambouc le trouveront-ils trop proche de «leur» stylo pour s’offrir la (toute) petite folie que constitue cette série limitée… À l’heure de rendre ce bel instrument, je me dis que, si je n’y prends pas garde, je pourrais bien tomber amoureux de ce serpent…