L'art de l'écritureAccéder à la boutique

Rubriques

AMOUR ET SPLENDEUR À SCHÖNBRUNN

21 mars 2016 — Rubriques · Numéros · Les archives · Le stylographe n°50 · Les articles · Gros plan

Le 12 février 1736, la princesse Marie-Thérèse d’Autriche, fille de l’empereur Charles VI de Habsbourg, épouse François-Etienne duc de Lorraine (Franz Stephan von Lothringen), dont elle est amoureuse depuis l’enfance, un mariage d’amour très inhabituel pour l’époque. Quand Marie-Thérèse succède à son père le 20 octobre 1740, elle nomme immédiatement son mari corégent. Pendant la guerre de la Succession d’Autriche (1740-1748), Marie-Thérèse, craignant pour sa vie, lui refuse l’autorisation d’aller défendre son héritage à la tête de l’armée autrichienne. En 1745, à la mort de l’empereur Charles VIIl Albert, électeur de Bavière et l’un des principaux adversaires de sa femme, François-Etienne est élu empereur germanique. Bien qu’issu d’une lignée plus élevée que Marie-Thérèse, archiduchesse d’Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, et malgré son titre d’empereur, il restera toute sa vie dans l’ombre de la personnalité très forte de son épouse. En dépit de ses compétences et de son caractère affable, il n’aura pas d’influence notable, sauf en matière économique. On se souviendra surtout de son intérêt pour la culture, passion qu’il partage avec sa femme. Le couple régnant et ses enfants – ils en auront 16 en 29 ans de mariage – passe les mois d’été au somptueux château de Schönbrunn, que Marie-Thérèse a fait transformer dans le style rococo en vogue à l’époque. «Aucun effort n’est vain quand on éprouve un véritable amour pour quelqu’un», écrit l’impératrice à une amie. Considérée comme le Versailles autrichien, la somptueuse demeure aux 1441 pièces devient le centre culturel et politique de l’empire des Habsbourg. Des affaires importantes y sont réglées, des fêtes flamboyantes y sont données et de grands artistes comme Joseph Haydn ou Wolfgang Amadeus Mozart se produisent dans le théâtre du château... Après la mort de l’empereur en 1765, Marie-Thérèse, très affectée par la perte de son époux, au point d’envisager un moment d’abdiquer, portera son deuil pendant les quinze années qui lui resteront à vivre. Dans son livre de prière on trouva, après sa mort, un billet où elle avait consigné avec précision le nombre d’heures qu’avait duré son heureuse union.